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Trekk Lamayuru - Darcha (17 jours) - Carnet de Route (N°11)

Si on appelle le Ladakh "petit Tibet", je pourrais surnommer le Zanskar "petite France", tellement le nombre de touristes français qui y trekkent l’été est impressionnant...

Un jour je croise un groupe d’américains qui ne font - eux - jamais les choses à moitie : 26 personnes, 49 chevaux !! Bouhh, de quoi vous faire regretter de ne pas sortir un peu plus encore des sentiers battus...

Déçue par ce trop plein de touristes, j’ai néanmoins largement été séduite par les paysages : peut-être les plus impressionnantes montagnes que j’ai vues jusqu’alors...

Le relief, les couleurs, la végétation, tout peut changer du tout au tout en l’espace d’une journée, voir parfois de quelques heures... Et tout semble tellement démesuré !!!

Les journées passent et les cols s’enchainent. Je traverse les deux chaines de montagnes, celle du Ladakh dans un premier temps, puis celle du Zanskar. Les deux sont séparées par la rivière Zanskar, du même nom que les montagnes qu’elle semble border. Toutes ces montagnes sont plus spectaculaires les unes que les autres, et les sentiers poussiéreux ne descendent jamais en dessous des 3 500 m. Les cols se succèdent les jours après les autres... Nous trekkons par deux fois au delà des 5 000 m d’altitude... et je ressens soudain une grande fierté à franchir (à mon rythme) ces sommets aux neiges éternelles avec - si je peux me permettre - presque autant de "facilité" !!

Je suis aux anges, ces hautes altitudes me font côtoyer les nuages. Les aigles volent en contre bas, je domine un instant tous ces paysages magnifiques...

La nuit les étoiles éclairent les nuits glacées et déversent leur lumière douce sur les roches recouvertes d’une couverture de poudre blanche...

Les populations me sourient sur leur passage et s’étonnent à chaque fois que je voyage seule et sans monture pour porter mon sac et mes provisions... Mais je n’en ai pas besoin, nous logeons dès que possible chez l’habitant et cela ne me ressemble pas de faire porter mon sac par quelqu’un d’autre !

Quels beaux visages, ladakhis et zanskaris ont beau avoir la peau burinée par le soleil, le sourire ne s’éteint jamais sur leurs lèvres.

Un jour un lama m’a dit quelque chose qui me reste en mémoire... Cela ressemblait à peu près a cela : « Ici, nos vies sont difficiles d’un point de vue "physique". En occident, vos vies sont difficiles d’un point de vue "psychologique" ». Je crois que cela résumait effectivement toute la ’pauvreté’ de notre planète...

Je suis redescendue vers les vallées plus verdoyantes et j’ai quitté les montagnes pour terminer mon séjour à Dharamsala, ou plus précisement à Mc Leod Ganj, au sein du TCECE, aux cotés de Jigmey et de tous mes autres amis tibétains. Je reste un peu plus de trois semaines cette fois-ci, toujours très occupée à enseigner le français, et également très prise par les différentes activités du centre (Newsletter, organisation de concerts, gestion des volontaires, mise en place de nouveaux projets...).

Cela me ferait presque oublier que je suis en congé "sabbatique" ! Mais toutes ces activités me plaisent et me tiennent a coeur. De plus toutes nos démarches sont des plus encourageantes. Alors mes heures ne comptent pas.

Et puis, je fais toujours autant de belles rencontres, riches et des plus variées...
Par exemple, je soumets à distance la candidature d’un projet qui mérite qu’on s’y arrête un peu : le parrainage d’un jeune artiste tibétain de 22 ans - chanteur, compositeur de chansons plutôt traditionnelles - aux qualités musicales très prometteuses... L’enregistrement de son 1er CD pourrait faire partie de nos projets, puisqu’il s’agit de valoriser et de soutenir un jeune artiste en exil et également de contribuer à la sauvegarde de la culture tibétaine...

Amitiés

Anne Sophie


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Une année durant, Anne-Sophie Morisset a arpenté quelques contrées asiatiques et a apportée une aide précieuse aux projets de l’association.
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Publié le jeudi 8 septembre 2005, par Anne Sophie Morisset
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