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Accueil du site / Pérégrinations / Amdo, Tibet oriental - Carnet de Route (N°9)

Amdo, Tibet oriental - Carnet de Route (N°9)

La petite "Suisse" de la Chine, comme l’appellent ici les locaux... Et les paysages n’ont rien à envier à son rival européen : falaises de roches rougeâtres, forêts de pins, vallées verdoyantes ou paissent troupeaux de yaks et de moutons...la région de l’Amdo est - une fois de plus - magnifique.

Idéale pour une journée de randonnée, à la découverte de la flore, surprenante de diversité et d’abondance à cette altitude (3500 a 4000 m) !

Amdo, le pays des tibétains, bien je sois officiellement sortie des délimitations chinoises du Tibet. Mais le Tibet est au-delà des frontières, il se trouve là où vivent encore traditionnellement les tibétains et au plus profond de leurs croyances.

Etre tibétain aujourd’hui, ce n’est pas être citoyen d’un pays, c’est se reconnaître et appartenir à toute une culture, des règles de vie et une religion unificatrices.

Ainsi, dans cette partie de la Chine (provinces de Gansu et du Sichuan), le Tibet demeure. Il vit de ses terres, de son bétail et s’ouvre aussi (malheureusement ?) au tourisme. Il est évident que certains ont compris l’intérêt économique que représentait le voyageur occidental, au même titre que les chinois, à la différence prêt que ces derniers donnent la nette impression de n’ouvrir leurs frontières que pour faire rentrer les Dollars dans les caisses de l’Etat (communiste, comme chacun le sait). Et pour limiter l’invasion "dangereuse" de citoyens américains (capitalistes), le visa coûte deux fois plus cher pour un ressortissant US que pour un européen !!

Les tibétains, eux, s’ils ont le sens des affaires bien developpé, conservent néanmoins leur sens de l’hospitalité. Ce sont des gens accueillants, gentils et serviables. Et c’est même étonnant en prenant du recul, de constater que ces qualités se retrouvent dans l’ensemble de la communauté tibétaine, qu’elle soit exilée en Inde, au Népal, ou bien restée au Tibet occupé.

Dans l’ensemble, les tibétains aiment le contact et l’étranger attire leur curiosité._ Nombreux sont les gestes d’amitié ou de sympathie, et le contact physique ne les rebute pas. Au contraire. Je me suis souvent retrouvée en train de serrer dans mes mains celles d’une personne agée, ou bien prise par le bras par des femmes amusées de regarder les photos de ma camera numérique.

En pays Amdo, j’ai donc pu rencontrer le père de Jigmey, ainsi qu’un de ses oncles. Tous deux ont laissé un message vidéo à Jigmey et son jeune frère (moine, et lui aussi à Dharamsala), mais je ne vous enverrai cependant pas de photos de cette rencontre, par soucis de sécurité pour ces gens... On ne sait jamais.

Toujours est-il que ce sont des personnes charmantes et très simples. Si certains bergers sont très riches (car beaucoup de têtes de bétail), les parents de Jigmey vivent humblement de leur élevage et de la terre.

N’ayant pu me rendre jusqu’à leur village (trop isolé pour qu’une touriste s’y rende sans éveiller les soupçons des autorités chinoises locales), la maman était restée seule veiller sur les bêtes et c’est la raison pour laquelle seul le père avait pu se déplacer.

J’ai quitté l’Amdo il y a une douzaine de jours maintenant, pour retraverser le Tibet cette fois-ci du nord vers le sud, et quitté lundi dernier définitivement les hauts plateaux tibétains, les plus élevés du monde. J’ai laissé derrière moi les belles montagnes, où les sommets enneigés côtoient les dunes de sable, où le ciel est d’un bleu plus profond, où le soleil a rendez-vous avec la lune une grande partie de la journée. Ce pays ou les hommes vivent à plus de 5 000 mètres d’altitude, ou - même au milieu de nulle part - la vie est plus forte que tout.

J’ai retrouvé - le temps d’un court transit au Népal - la petite bande de Duwacott, où la vie a là aussi suivi son cours, faisant place à l’arrivée prématurée (par césarienne) d’un petit bout de femme d’1,8 kg...

En bonne santé disent les médecins, même si la grossesse ne s’est pas passée dans les meilleures conditions qu’il soit.

Prithvi et Surya ont choisi de donner un prénom français à leur fille et de l’appeler Alexia, en hommage au voyage en France de Prithvi et de ses nombreux amis français.

La semaine dernière, les 12 autres enfants ont quant à eux rejoint leurs familles respectives pour quelques jours de congés accordes pour la saison des pluies (chaleur lourde et averses fréquentes).

S’ils étaient tous excités de revoir leurs proches, ils se sont tous retrouvés à nouveau hier soir avec joie, parsemant de rires d’enfants la grande maison de Duwacott.

Avant de prendre demain le prochain bus qui me conduira à Dharamsala (via Delhi), je vous quitte sur ces quelques souvenirs du Tibet.

Amitiés a vous tous.

Anne Sophie


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Une année durant, Anne-Sophie Morisset a arpenté quelques contrées asiatiques et a apportée une aide précieuse aux projets de l’association.
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Article précédent : Le Tibet - Carnet de Route (N°8)

Publié le lundi 4 juillet 2005, par Anne Sophie Morisset
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