Prochaines manifestations

Rechercher

 

Se connecter

Identifiants personnels


Contacter

Références et liens


Dans la presse

30/01/2007
Un partenariat fort Des actions organisées chaque année au profit de l’enfance népalaise. Le lycée Simone-Weil et l’association (...)
29/12/2006
L’Eté Indien, la maison de retraite de Daix, n’aura jamais si bien porté son nom : François Szlapka et l’association (...)
11/05/2006
Comme elle le fait depuis maintenant trois ans, l’association humanitaire Thanaka donne rendez-vous au public pour lui faire partager son (...)

1 | 2 | 3

Accueil du site / Pérégrinations

Laos : retrouvailles, par François Szlapka

6 h 30.

Dans ma guesthouse, je me tire péniblement du lit. Voila déjà trois jours que "petit frère" népalais est parti pour laisser un grand vide. J’ouvre le rideau pour constater si la mousson continue de jeter son dévolu sur la capitale laotienne et ... surprise !!! C’est l’heure des processions ou les moines défilent dans les rues pour collecter leur nourriture dans leurs grands pots noirs attachés en bandoulière. Les laotiens sont accroupis au coin des rues, une écharpe de soie blanche sur la poitrine. Le temps de quitter Vientiane, je découvre ce matin des centaines de personnes qui se dirigent vers les temples, des offrandes à la main. Ils sont tous plus beaux les uns que les autres. Ici même les jeunes adoptent la tradition et ne cherchent pas à se démarquer par une quelconque extravagance.

Le bus quitte la ville pour neuf heures de route. Il cahote dans une campagne inondée. Ce pays très rural, presque trop tranquille et pourtant si attachant se déroule sous les fenêtres du bus. Devant mes yeux, s’étalent progressivement les rizières parsemées de lotus. Ici un village sur pilotis. Un peu plus loin, ce sont les enfants avec leur mini cannes à pêche qui attire mon regard. De gros nuages noirs s’accrochent au montagnes. La pluie recommence. Un Hmong marche sur les bords boueux de la rue en protégeant sa tête d’une feuille de bananier. Et ces enfants, qui comme les enfants de tous les pays du monde sont les seuls à aimer rester sous la pluie. La vidéo du bus continue a égrainer ses clips musicaux sirupeux et presque lassants. Je laisse avec bonheur Vang Vieng et ses nuées touristiques pour continuer ma longue route. Nous stoppons pour un court repas. Sur l’étal du restaurant au milieu des fruits et victuailles en tout genre, ce sont trois écureuils qui sont proposés à la vente. Sans doute un trophée de chasse. Le bus redémarre. Neuf heures d’une longue route verdoyante à la fois belle et épuisante. Le baume du tigre ne parvient pas à calmer la tempête qui sévit sous mon crane.

Luang Prabang s’annonce. Enfin !! J’ai hâte de tout. J’ai hâte de déplier ma vieille carcasse, j’ai hâte de trouver un endroit ou poser mon sac, j’ai hâte d’avaler quelque chose et j’ai hâte de redécouvrir la ville, ses changements et mes anciens coups de coeur. Dix minutes suffisent a trouver ma guesthouse et m’installer. Trois euros la nuit compensent largement le confort dont j’ai besoin.

Je suis prêt a me laisser étourdir par l’atmosphère du lieu. Dans la rue principale, les petites marchandes de tissus s’installent pour le marché de nuit. Par tous les Dieux !!! J’avais oublie comme elles étaient belles. De longs cheveux noirs qui viennent contraster sur leur chemisiers clairs. Une silhouette fine mise en valeur par un brocard serré jusqu’aux chevilles. Et puis toujours ce gentil sourire. Non, ce n’est pas une fausse courbette façon thai mais un vrai sourire candide que le coeur laisse parler à la façon laotienne. La gentillesse lao, si singulière, me touche, vous l’avez compris !
C’est elle qui m’incite à toujours revenir et c’est elle que je retrouve à chaque fois avec plus de passion.

Sur mon chemin, des touristes à chaque fois plus nombreux. Ils ne semblent pas regarder les gens. Pourquoi ? Et aussi ... pourquoi ne sourient-ils pas, eux ? Deux questions que je tente de chasser très vite pour retrouver mes émotions de la première fois où j’ai découvert Luang Prabang.

Le ciel s’eclaircit, la lumiere s’adoucit. J’évite de m’attarder sur l’artisanat à chaque fois plus diversifié ; Thanaka aura de quoi occuper bien d’autres journées. Mes pas me conduisent instinctivement chez Sack. Toujours là, ce brave Sack que j’ai connu alors qu’il préparait des jus de fruit sur le coin d’un trottoir avec tout juste trois tabourets de rotin. Son affaire a prospéré, je suis tellement content pour lui. Je le retrouve avec plaisir. Visiblement, lui aussi. Il ne change pas, les yeux bridés, le sourire franc, le pantalon toujours retroussé sur les mollets et le même anglais basique.

Quelques mots échangés et un peu de riz gluant vite avalé, me voila propulsé juste en face. Un premier temple m’accueille et déjà me séduit. C’est l’heure des litanies. Vous savez, ces longs couplets en pali que les moines chantonnent inlassablement en coeur. Je m’arrête sous un frangipanier en fleurs comme pour finir de solliciter tous les sens. A cet instant, le Laos caresse simultanément mon ouie, mon odorat, ma vue... J’ai même encore la délicatesse de la mangue de Sack sur le fond du palet. Sous le péristyle du temple un enfant joue pieds nus et ne semblent pas perturber ces quatre femmes laos, toutes vêtues de blanc, agenouillées à l’entrée du Wat. Je suis convaincu que moi aussi, au même titre que j’aimais jouer dans les bois quand j’étais gosse, j’aurais aimé jouer dans les temples.

Je savoure cet instant. Je savoure a nouveau tous ces autres petits moments simples et teintés d’émotions. Je savoure une nouvelle fois le Laos.

Recevez un tout petit bout de ce bonheur innocent.

François



Publié le lundi 2 août 2004, par François Szlapka
 -  RSS 2.0 -  Plan du site - Mentions légales et crédits
Ce document est issu du site Internet de l'association Thanaka : http://www.thanaka.org.
Les droits de reproduction sont réservés.