Pendant que le gros des troupes Thanaka taquine les sommets du côté de Jomson, la tumultueuse ville de Kathmandou m’offre un plaisir inattendu : la rencontre avec Lundhup.
Une journee inoubliable que nous passons ensemble, d’abord à Kathmandou puis à Duwacott.
Dès les premiers instants je suis touchée par la gentillesse qui émane de ce jeune tibétain de 24 ans. Par la douceur de son regard, de sa voix. Dans sa tunique traditionnelle de coton blanc, il rayonne.
Pendant des heures je l’écoute me parler de sa musique, de ses chansons. De son petit village natal qui lui manque. De ses parents fermiers, de ses frères et soeurs, de ses amis musiciens, du Dalaï lama, de la vie des tibétains dans le Tibet actuel. De l’invasion chinoise aussi. De son enfance. Il me dit à quel point il est heureux d’avoir pu faire ce premier CD de musique tibétaine.
"C’est mon rêve qui se réalise" me dit-il très ému. Il n’arrête pas de remercier Thanaka. Encore et encore. Puis il me joue ses mélodies, ses chansons, des chants traditionnels aussi, dans le petit jardin du Pilgrim’s café, devant les passants médusés.
Il est près de 14h quand nous décidons d’aller à Duwacott voir les enfants. Aujourd hui c’est "le jour de la démocratie", jour férié, les écoles sont fermées. Sur la route qui nous mene à Bhaktapur, nous sommes cependant retardés... la circulation est incroyable cet après-midi... et le bus qui arrive à notre gauche ne s’arrète pas... Boum... c est l’accrochage inévitable avec notre taxi. Que de la tole, heureusement.
Nous arrivons enfin à Duwacott. Les enfants sont très heureux de notre visite et s’étonnent très vite de cet étrange instrument qui dépasse du sac que porte Lundhup sur l’épaule : sa mandoline.
Ils s’assoient en tailleur et Lundhup joue pour eux quelques un des morceaux de son répertoire. Chacun écoute, s’étonne d’entendre pour la première fois des mots en tibétain. Lundhup chante dans une langue qu’ils ne connaissent pas, ils sont intrigués, amusés.
Suruchee cache ses éclats de rire dans ses mains. Suman se tortille, impatient de voir de près l’instrument à cordes. Manish m’offre un grand sourire...
Puis vint le moment ou Lhundup leur prète sa mondoline. Tous, à tour de rôle, se mettent à effleurer les cordes de l’instrument magique. Les premières sonorités s’envolent en même temps que les sourires. Les yeux brillent. Même Ritu, la plus petite, ne se fait pas prier pour faire vibrer sous ses doigts les cordes tendues de la mandoline. Je m’amuse de les voir faire. Lundhup aussi. Tout le monde est heureux, les enfants ont découvert un nouvel ami en Lundhup. "Uncle Lundhup"
Sunil ne tarde pas à l’adopter, et déjà il s’accroche à son bras dans un élan de tendresse.
"Ce fut une belle journee" pensais-je en serrant la khat a de soie blanche (écharpe de soie) que Lundhup m’a offerte avant de partir.
Je me rejouis de connaitre enfin ce jeune musicien tibétain venu de Dharamsala en Inde.
Encore une journee a marquer d une pierre blanche ! ! !
Bises a tous.
Pascale








