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Accueil du site / Maisons d’enfants / Maison d’enfants de Gaïkhur

Escapade à Gaïkhur - Carnet de Route (N°2)

Namasté ! Cette salutation me poursuit sur tous les chemins.

Petits et grands sont heureux de me saluer sur leur route, certainement parce que, volontairement, je choisis de ne pas emprunter les grands axes touristiques habituels. Plus je me perds dans les villages, excentrés de la vie citadine, et plus j’apprécie l’accueil de la population. Je rentre avant hier soir d’une dizaine de jours passés dans 2 villages différents : Le premier est celui où Dhana Lama a grandi. Invité pour le mariage d’un voisin de sa maison natale (célèbre selon la tradition bouddhiste), Dhana m’a proposé de me joindre aux festivités et faire par la même occasion la connaissance de ses oncles et tantes restés travailler la terre au village. N’ayant plus de contacts avec ses parents, ces personnes représentent sa seule famille. Nous nous régalons de cacahuètes grillées, de lait frais de buffalo et des plats de riz traditionnels. A chaque maison visitée, nous sommes invités à rester manger et boire le thé. Nous resterons 4 jours dans le petit village de Birtadeurali (une grève nationale des transports ayant retardé notre retour sur la vallée de Katmandou), regagnant l’axe desservit par les bus après 6h de marche.

Tout juste rentrée à Bhaktapur, je déchargeais, puis remplissais à nouveau mon sac de quelques vêtements propres, et reprenais dés le lendemain matin l’un des nombreux bus locaux qui partaient de la capitale pour me rendre cette fois-ci jusqu’à la petite ville de Turture. De là, 2h30 de marche pour atteindre Gaikhur et la maison aux volets bleus. C’est dans cette 2ème structure d’accueil que cohabitent les 10 petits pensionnaires du village dont nous avons la responsabilité. A l’approche de la maison, je me demande quelle va être leur réaction en me voyant. Se souviennent-il de ma visite deux ans plus tôt ? Pour ma part, je me souviens du prénom de chacun d’eux. Un à un je les retrouve, comme ils ont grandi ! Ils semblent en bonne santé, l’air vivifiant des montagnes leur rosit les joues. Je m’assieds sur la natte au pied du grand arbre de la cour, et tous m’entourent petit à petit. Timidement ils posent quelques questions, et nous rions de nos différences, de nos interrogations, de nos langages réciproques que nous ne comprenons pas... Me voici donc enfin a Gaikhur. C’est entre cet orphelinat et celui de Duwacoat que je partagerai la plus grande partie de mon temps au Népal. Ici, la vie est tellement différente de la vallée. Tout d’abord la nourriture est préparée au feu de bois, comme dans chaque village. Il n’y a pas d’eau courante, et si la source près de la maison est épuisée, il faut descendre plus bas, là où l’eau coule de la rivière. Les femmes portent alors à la force de leur front de lourdes jattes qui suffiront au ravitaillement quotidien. Dans la plupart de ces maisons construites de bois et de terre, sont également abritées, au rez-de-chaussée, les bêtes (chèvres et volaille) que les paysans rentrent pour la nuit.

A Gaikhur, je reste une semaine avec les 2 femmes qui s’occupent de la maison et les 10 enfants. Ils sont légèrement plus âgés que ceux de Duwacoat (entre 7 et 12 ans) et vont à l’école entre 10h et 15h , 16h pour les plus âgés. Le reste de la journée, ils jouent dehors, la majorité du temps dans la cour avec d’autres enfants du village, au ballon, aux billes, à la guerre (armes de bouts de bois), à des marelles improvisées tracées dans la terre. Les bulles de savons que Patrick et Nathalie (un couple de français, de passage au Népal) nous avaient gentiment offertes, font l’unanimité de tous ! Si à Duwacoat, on essaie d’en faire éclater le plus grand nombre, à Gaikhur je suis surprise et amusée de les voir souffler dessous afin que les bulles colorées s’envolent encore plus haut dans le ciel... D’une manière générale, les enfants ici sont plus bruyants et moins studieux que leurs petits homologues, mais tout aussi affectueux. Si les coups de poings ne sont pas rares, et les pleurs quotidiens, ils ne sont que passagers et les aînés veillent comme à chaque fois sur les plus jeunes. Les femmes ne parlant pas anglais, nos dialogues, certes limités, me permettent de progresser dans mon vocabulaire. Je réussis de plus en plus à me faire comprendre, dans un népalais somme toute très basique. Malgré le froid de l’hiver, le soleil des mi-journées a déjà coloré mon visage : je ressemble de plus en plus aux autochtones... ;-)

Là encore, mon retour prévu le week-end dernier fut retardé, par la pluie cette fois. Deux jours consécutifs, la descente sur le chemin de terre jusqu’à la route de Turture s’est avérée glissante et de ce fait hasardeuse. Aussi je ne suis rentrée qu’hier soir à Bhaktapur, après avoir reçu la « Tika » hindoue et des colliers de fleurs de la part de mes hôtes, ce qui me porta chance dans mon voyage. Je retrouvais avec un plaisir partagé Prithvi, Surya et les enfants. Deux structures différentes, deux modes de vie différents, mais deux familles des plus attachantes !!

L’orphelinat de la ville et l’orphelinat des champs...

Amitiés, Anne-Sophie


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Une année durant, Anne-Sophie Morisset a arpenté quelques contrées asiatiques et a apportée une aide précieuse aux projets de l’association.
Elle nous livre un journal de route intéressant.

Publié le jeudi 27 janvier 2005, par Anne Sophie Morisset
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