Ici comme en France c’est encore l’hiver et les températures sont fraîches : proches de 0°C le matin et en soirée... Dans la journée le soleil chauffe quelque peu les corps et les sourires réchauffent un peu plus encore les âmes... Depuis mon premier voyage d’août 2003, certaines choses ont changé ici. Tout d’abord, Thanaka a ouvert il y a un an maintenant la structure de Bhaktapur que je découvre dès mon arrivée. Prithvi et Dhana Lama venus m’accueillir a l’aéroport sont fiers de me présenter les lieux. Je rencontre également Surya pour la première fois (la femme de Prithvi). Ils seront mes hôtes ces prochaines semaines.
Les enfants ne rentrent que vers 17h. Prithvi et Surya leur ayant réservé la surprise de ma visite, leurs yeux s’écarquillent, puis s’allongent en amandes tandis que je suis assaillie de « Namaste ! »... Les sourires se donnent à profusion, les mains jointes, nous faisons connaissance. Muna, Suruchi, Ritu et Ekta pour les filles. Suman, Sunil et Sunjeep pour les garcons. Ils ont entre 5 et 12 ans.
Je suis impressionnée par la maison : moderne et spacieuse, elle n’a rien à envier à nos constructions occidentales. Modestement aménagée, elle comprend une chambre pour les sept enfants, une pour Surya et Prithvi et une pièce polyvalente qui sert selon le moment de la journée de salle d’étude, salle de jeu ou de troisième lieu de couchage pour les voyageurs de passage.
Sur le toit, un système de chauffage de l’eau par énergie solaire. Pas de soleil, pas d’eau chaude... C’est le seul chauffage de la maison, car il n’y a pas de radiateur. Le soir, le repas termine, nous nous réchauffons sous les couvertures.
La cuisine est le domaine des adultes. Prithvi cuisine la majeure partie du temps le Dal Bhat quotidien pour toute la « famille » (plat traditionnel népalais à base de riz, de curry de légumes et d’une soupe de lentilles) servi aux trois repas de la journée.
Voilà pour les généralités de l’orphelinat.
Pour ma part, je remarque également que les conflits entre le gouvernement et les rebelles maoïstes ont généré plus de pauvreté dans le pays qu’auparavant. Beaucoup de familles ayant fuit les montagnes de l’est du pays (fiefs du mouvement de rébellion) se regroupent en périphérie de la capitale, sous des abris de fortune. Venues chercher la paix, elles ont trouvé la misère.
Néanmoins, la vie reste paisible et la situation ne menace pas la vallée, à l’heure où j’écris ces lignes... Certes je croise parfois des groupes de soldats, armés et cartes topographiques en mains, mais je ne ressens aucune menace, ni a Katmandu, ni a Bhaktapur. Les affrontements ont lieu dans des endroits beaucoup plus reculés du pays.
Des pourparlers étant prévus ces prochains jours, j’espère - comme chacun ici - qu’ils déboucheront à terme sur une situation pacifique...
En fin de semaine, j’ai rencontré Sunil Pant. Nous devons nous recontacter afin que je puisse monter au village de Gaikhur d’ici la fin du mois. Lui ou quelqu’un de sa famille m’y accompagnera. C’est dans cette structure d’accueil que l’éducation sanitaire reste encore très sommaire.
Mais pour ce premier mois au Népal, ma volonté est avant tout d’apprendre et de m’intégrer. Ainsi j’apprends chaque jour quelques bases de népalais, au grand amusement des enfants. Mais cet apprentissage est pour moi essentiel afin de pouvoir communiquer avec chacun : les plus jeunes, les femmes des villages, etc. qui ne parlent pas anglais.
Je parfais également mon éducation des us et coutumes locales, la connaissance de mon environnement géographique, culturel et religieux... Observation, apprentissage et intégration sont les mots clefs de ces premières semaines à l’heure népalaise.
Entre temps, je redécouvre avec délices le calme des rues pavées de la cité de Bhaktapur, les ruelles aux senteurs épicées où les enfants jouent à des jeux de billes.
Katmandu, toujours aussi polluée ne perd pourtant pas de son charme. Véritable fourmilière, elle est le centre de la vie commerciale du pays.
Anne Sophie






