C’est l’époque de Dasain, l’une des plus grandes fêtes népalaises. Voyageant à travers tout le pays c’est l’occasion pour chacun de célébrer la fête en famille. Nous n’avons pas échappé à la tradition de la Tika où l’on vous barbouille le front de rouge en vous plaçant quelques jeunes pousses de riz derrière l’oreille. Dans les villages, on construit d’immenses balançoires de bambou sur lesquelles les audacieux tentent les acrobaties les plus incroyables. Mais Dasain, c’est sans doute aussi l’occasion pour exercer une trêve. Les maoïstes ne nous auront encore réservé aucune des mauvaises surprises qu’ils égrainent ces dernières années (grèves générales qui paralysent parfois le pays). L’occasion pour nous d’enchaîner sans aucune difficulté une visite à Bhaktapur et Gaikhur, puis un trek de quelques jours sur les hauteurs minérales de Jomsom.
Tout se passe à merveille ; si ce n’est ce maudit calendrier qui défile beaucoup trop vite. Je suis épaté par les facultés d’adaptation de Jean-Philippe. Rien ne lui fait peur : avaler goulûment le Dhal Bat de Gaikhur, voyager sur le toit des bus, slalomer à pieds au milieu des troupeaux de mulets sur les sentiers escarpés, défier les lois de l’équilibre sur les plus hauts ponts suspendus... . Non résolument !!! Le Lao est adaptable !
Nous sommes maintenant de retour depuis deux jours sur la vallée de Katmandou. Nous terminons ces derniers jours de vacances à Bhaktapur. Les enfants, partis rejoindre eux aussi oncles et tantes, sont revenus. Tout ce petit monde est en pleine forme. Prithivi retrouve 100% des ses ondes positives. Il y a deux semaines, à la suite d’une chute de moto, il s’était fait une mauvaise foulure à la cheville et pouvait difficilement quitter la maison.
Nos achats pour Thanaka vont bon train. Toujours plus ! Toujours plus ! Que de temps passé à fouiner, dépoussiérer, enquêter, négocier ! A l’occasion, nous nous improvisons aussi designer. Nos amis artisans-commercants fidélisent et soignent de plus en plus l’accueil. Oups ... nos estomacs ne sont plus prêts à ingurgiter tous les thés qu’on nous offre à droite et à gauche.
Nous poursuivons également doucement l’équipement des deux orphelinats. Les convoyages de vêtements, médicaments et jouets allègent considérablement les frais de fonctionnement et correspondent à une vraie demande. Pascale, pour ton prochain départ, il faudra encore prévoir des médicaments pour les maux d’estomacs (genre Gaviscon et Ulcar) pour Gaikhur et quelques bricoles que je ne manquerai pas de te signaler. Cette période est aussi traditionnellement l’occasion d’équiper les écoliers de nouveaux uniformes et/ou de pulls bleus marine pour affronter les prochains mois d’hiver. Nous l’avons fait tant à Gaikhur qu’à Bhaktapur. J’ai aussi anticipé l’action future de mes élèves destinée à financier un fond documentaire pour les enfants de Bhaktapur. Prithivi et Dhana Lama nous ont aidé à sélectionner une cinquantaine de livres pour constituer une petite bibliothèque. On se rend compte encore à quel point l’offre est pauvre comparée à nos pays. Il y aurait là aussi de belles choses à réaliser (aucune forme de dictionnaires ou de toutes petites encyclopédies juniors illustrées n’existe). Quant à Gaikhur, nous avons répondu à la demande très forte de Sunil, de Ganesh et des enfants. Elle suscitera peut être une ou deux réactions, je ne sais pas. Nous avons financé l’achat d’un poste TV. Mouiiii !!!! Il faut connaître le contexte pour se dire que là-haut c’est une source d’ouverture et de découverte pour des enfants qui s’ennuient souvent. Je me suis souvent demandé si ces enfants-là savaient ce qu’était une voiture. Les jouets et les livres sont très vite dégradés. Et puis, les programmes de la télévision népalaise semblent correspondre aux programmes de chez nous il y a trente ans, plus candides, un peu plus culturels et moins mièvres que les télévisions thaïs ou européennes d’aujourd’hui. Bref, après mûre réflexion, on s’est dit pourquoi pas. Nous pensions de toute façon faire un cadeau au personnel pour Dasain, c’était l’occasion de marquer le coup.
A Gaikhur le cadre était aussi plus beau que jamais. Je n’avais jamais vu le village et la maison aussi fleuris. Les enfants que nous avons vus continuent de s’épanouir. Même Arjun, le plus "terrible" de la bande est devenu posé et raisonnable. Roshani est de plus en plus mignonne et souriante. Rajesh toujours aussi curieux. D’après Ganesh les résultats scolaires se sont améliorés pour beaucoup. Ganesh lui même nous montre sa volonté de s’investir de plus en plus (je crois que ma petite remontrance d’avril aura produit son effet, tant mieux !).
Voilà grosso modo les quelques brèves nouvelles que nous pouvions vous donner d’ici avant de retourner nous emplir les yeux encore et encore.
Amitiés.
François





