"tous les bateaux s’envolent tous les avions se noient..." Ces paroles d’une chanson que j’aime qui me reviennent alors... L’eau monte à une vitesse folle. Bientôt les rues de Pokkara se transforment en torrent. Les voitures s’arrêtent. Puis les motos. Puis les pietons. La vie s’immobilise et laisse passer l’orage... Un orage d’une violence inouie - digne d’un orage de mousson en plein coeur de juillet ! La mousson serait-elle en avance cette annee ?? Heureusement il ne dure pas, juste le temps de casser quelques branches et de noyer quelques touristes comme moi qui n’ont pas su se mettre a l’abri à temps ! Déjà les premiers rayons de soleil s’annoncent, laissant derrière eux des tonnes d’eau que les rigoles, les canivaux n’arrivent plus à engloutir. L’eau regorge de partout...
3 petits garcons - 5 ou 6 ans à peine... Je les vois courir le long du trottoir en riant. Leur jeu m’attire... que font ils ? La course !! Une course de bateaux improvisée dans l’eau du canivaux qui dévale à toute allure ! Les 3 bateaux (pardon, une capsule de bouteille de coca, une feuille d’arbre, un papier de bonbon) se suivent, dérivant allègrement sur ce torrent providentiel. Pendant un instant j’echappe au présent et me rappelle les bateaux en papier d’origamie que me faisait mon père quand j’avais leur âge... Nostalgie, nostalgie... Les rires des enfants, leurs applaudissements me ramènent à l instant présent et je laisse dériver sur les flots de l’Allier les bâteaux de mon enfance... Je vois l’un des enfants courir au milieu de la route, lever les bras au ciel en criant sa fierte : le proprietaire du voilier gagnant !! Je ne peux m’empecher de sourire. Je remercie l’orage de m’avoir donné ce petit moment inoubliable. Rien d’extraordinaire, allez vous penser, une histoire banale, oui mais pourtant...
Pascale
PS : au fait, qui croyez vous du bouchon, de la feuille ou du papier de bonbon gagna la course ??
La feuille !!!

PPS : depuis, j’ai acheté un parapluie - ca ne fait jamais que le 3ème que j’achete au Népal !! Et ironie du sort : pendant que je vous écris un autre orage se prepare et... j’ai oublié mon pépin à l hotel !! Pauvre de moi !! Je ne changerai pas...


