Je termine mon périple en Inde a Varanasi (Benares) et c’était un bon plan de terminer ici. Le lieu de tous les contrastes que l’on peut rencontrer dans ce pays, un pays éprouvant surtout pour la conscience, un pays qui fait penser. S’y concentre ce que l’on peut imaginer de ce qu’est la misère du monde, visible quotidiennement, inévitable, d’une amplitude énorme à l’échelle d’un continent entier. Ici on mesure ce qu’est la pauvreté extrême, avec ses hordes de mendiants , d’infirmes de toutes sortes (vrai et faux) , d’enfants abandonnés livrés à eux mêmes, et tout ce qui va avec, les grandes et petites mafias, les rabateurs en tous genres, ceux qui exploitent tout ce qui peut l’être, enfin tout ce qui va avec la grande pauvreté, le pire étant peut-être qu’il n’y a pas de perspectives concrètes. L’avenir c’est un mot qui n’a pas de sens ici, sans doute une idée qui n’existe pas.
Alors il y a la religion ("les", parce qu’il y en a beaucoup) et ça aide. Comme disait Marx : "c’est l’opium du peuple" - il n avait sans doute pas tort. Je me souviens au cours de ce voyage dans un train (les trains, les bus, les quais de gare sont d’excellents endroits pour parler avec les gens) s’est deroulée une longue discussion à laquelle beaucoup participaient et à un moment quelqu’un m’a demandé qu’elle était ma religion et quel était mon Dieu ; j’ai répondu, sans trop réfléchir, que je n’en avais pas et j’ai declenché la stupeur générale ; ma parole s’est propagée de l’un à l’autre. Pour eux c’était incompréhensible, ça m’a beaucoup frappé. Heureusement le train arrivait à destination. Ca m’a sauvé !
J’y ai fait beaucoup de rencontres sympa, surtout lorsque l’on sort un peu des zones à touristes où seul le business compte. J’y ai vu des choses superbes. _ Autre contraste : alors que tout est dégueulasse, délabré, sâle, l’Inde est un endroit révé pour la photo. Ici a Varanasi, il y a surtout une ambiance très particulière, haut lieu de l’Hindouisme. Les Hindoux viennent s’y purifier le corps et l’esprit dans le Gange, fleuve particulierement sâle et polué mais ça ne gène personne. Beaucoup viennent aussi s’y faire incinérer, et des bûchers consument les corps sur les gaths, une vrai usine (300 par jour).
Et Thanaka dans tout ca. L’humanitaire, ça fait penser (et agir surtout) et un voyage comme celui là interroge sur ce que l’on peut faire (surtout le comment). J’ai suivi les sollicitations autour de la catastrophe en Haiti (ici ça a fait dix lignes dans le Delhi Post). Je pense un peu que pour une association (comme Thanaka), il faut avoir des objectifs limités, près des gens, au concret, en fait une aide directe, celle qui change le quotidien, identifiable, mesurable, inscrite dans une certaine durée. En fait, peut-être limiter ses ambitions mais être efficace pour peu (c’est frustrant mais...).
Bon voila ça m’a fait du bien de vous écrire ça, de vous dire que je suis en super forme ... pourvu que ca dure !
Maintenent le Népal pour un mois ; c est autre chose, je connais un peu, je vais y retrouver des Thanaka members du Népal et d’ailleurs.
Amicalement à tous.
Namaste.
Richard








